Quand puis-je affirmer être zéro déchet?

La vrai réponse, c’est jamais! Ben oui, je commence mon article comme ça. Il est impossible de ne produire aucun déchet. Je suis tout de même convaincue que vous voudrez continuer de lire pour en savoir plus.

Le nom du concept impose une impression que nous devons faire le moins de déchets possible, voire aucun. Rapidement, nous pouvons sentir une pression énorme. Il faut y arriver et vite! Autrement, à quoi bon affirmer publiquement que nous sommes zéro déchet? Nous nous mettons en action à plusieurs niveaux… Installer un bidet, acheter en vrac, décider de ne pas avoir d’enfants, acheter nos vêtements d’occasion seulement, devenir végétarien ou végétalien, etc. La liste est longue. Le problème reste toujours le maintien à long terme et de ne pas abandonner. 

Personnellement, je me mets une énorme pression pour atteindre divers objectifs. Devenir minimaliste, végane et zéro déchet, ce n’est pas quelque chose que nous pouvons cocher sur une to-do list. J’insiste souvent là-dessus lorsque j’en parle, il s’agit d’un processus continu d’améliorations. Sauf que j’ai parfois l’impression que ça ne va pas assez vite. D’autres fois, je sens que je recule au lieu d’avancer. Puis je me sens coupable, très coupable. Je sens que je ne suis pas à la hauteur de mes valeurs et de mes convictions. 

Mes couches lavables, achetées usagées, qui séchaient dehors au printemps

Dernièrement, j’ai vécu un gros recul dans ma cuisine. Le magasin de vrac le plus près de chez moi (accessible à pied) n’accepte plus les contenants de la maison à cause de la pandémie. J’étais stressée de devoir réorganiser ma manière de faire. Nous devions aller dans un magasin plus loin et prendre le bus et le métro ou une voiture. Tout à coup, suite à une rencontre avec mon groupe de coaching, j’ai décidé de mettre mon attention sur ce qui va bien : 

  • je fais avec constance mes produits nettoyants maison depuis le mois d’août;
  • ma fille va dans une garderie qui accepte les couches lavables;
  • depuis notre emménagement seuls en famille, nous n’avons pas acheté de mouchoirs jetables (nous utilisons les lingettes lavables « pour les fesses » de notre fille);
  • j’ai réparé plusieurs vêtements au lieu de les jeter et d’en acheter des nouveaux;
  • etc.

J’aurais pu vous nommer encore plusieurs succès. Je voulais surtout vous ramener à l’essentiel. Atteindre vos objectifs de zéro déchet, c’est comme pour tout dans la vie : si vous avez la bonne attitude, le processus vous apportera beaucoup plus de satisfaction que le résultat. C’est long et complexe d’avancer dans cette aventure. Je le vis en ce moment et le partage avec vous en toute humilité. Si vous souhaitez avoir du soutien pour y arriver, je suis disponible pour en discuter avec vous. 

Merci de me suivre dans mes Zazaventures.

Sortir de ma peau

Sortir de ma peau

7 octobre 2016 – Je me rappelle avoir étudié au secondaire l’histoire médiévale. J’avais été marquée par cette image de culotte en métal pour empêcher les gens d’avoir des relations sexuelles. En ce moment, c’est un des meilleurs exemples auquel je peux penser pour décrire ma situation. Quand j’ai mes règles, on dirait que je porte une culotte comme celle-là.

culotte-en-zinc

Sauf qu’elle est brûlante et la chaleur passe au travers de ma peau. L’inconfort s’installe. Peu importe comment je m’assois, je me couche, j’ai mal. Si vous allez voir les sites Internet sur l’Endométriose, partout ils écrivent quelque chose comme: «Un changement dans les habitudes de vie peut aider significativement à diminuer les douleurs. Parlez avec un nutritionniste et mangez plus sainement et faîtes de l’activité physique. »

Tout d’abord, je tiens à mentionner que je mange très bien. Dans mon alimentation j’ai cherché l’équilibre et je mange végétalien. Les légumes, les fruits, les céréales complètes, les noix, les graines et les léguminueuses composent la majorité de mon alimentation alors est-ce qu’on peut dire que ce dossier-là est réglé?

Ensuite, je ne veux pas jouer les rabat-joie mais est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment je peux faire du sport régulièrement quand la moitié de chaque mois j’ai de la difficulté à simplement marcher pour me rendre à mon travail sans souffrir à en avoir envie de pleurer? Vendredi dernier, j’ai réussi à grimper deux voies et demi à l’escalade et fait un cours de yoga de 1 heure et 15 minutes. Pour moi, cette soirée était un miracle. Quand je suis rentrée chez moi, je pleurais de joie d’avoir réussi à bouger autant. Dans les dernières semaines, j’avais réussi à faire trois fois un 20 minutes de yoga sans ressentir trop de douleur.

À la mi-septembre, j’ai été hospitalisée après m’être retrouvée aux urgences car je n’arrivais plus à marcher tellement j’avais mal. Ma douleur était tellement forte qu’on m’a donné de la morphine. Je l’ai prise sans rien dire je voulais juste me sentir bien.

Tout ce que je veux c’est me sentir bien.

Je veux retourner dans les cours d’acroyoga et de yoga. Je veux recommencer à courir, je veux reprendre l’escalade de manière régulière. J’ai aussi envie d’essayer plusieurs autres activités. J’aimerais faire de la danse hip hop. Je m’ennuie de faire des randonnées dans les montagnes et de sentir la forêt…

Ces temps-ci, j’ai plus que jamais envie de sortir de ma peau. Je m’y sens prisonnière. Lorsque j’étais obèse, j’ai fait le choix de changer ma vie. J’ai commencé par l’alimentation puis j’ai progressivement découvert des sports que j’aime. J’étais bien, j’étais fière de moi. Je me sentais accomplie, forte, belle et fonceuse. J’ai perdu le contrôle de ma vie depuis que j’ai l’Endométriose. Je n’ai jamais à ce point été mal dans ma peau. Parfois j’ai des nausées et des étourdissements juste à marcher jusqu’à ma salle de bain pour aller aux toilettes.

C’est qui cette fille dans le miroir qui a pris 5 kilos en deux mois? C’est qui cette fille qui a envie d’arracher son utérus de son ventre pour arrêter de souffrir? Quand j’étais à l’hôpital, j’ai entendu le médecin dire à ma voisine de chambre qui venait de subir une hystérectomie cette belle phrase: « L’opération s’est bien déroulée, on a réussi à sortir l’utérus par le vagin. » J’en ai eu des frissons dans le dos. Ce n’est pas vrai que je ne veux plus d’utérus, je veux juste arrêter d’avoir mal. Je veux redevenir moi.

C’est qui cette fille qui sacre aux trois mots? C’est qui cette fille épuisée qui s’endort partout? C’est qui cette fille qui a du mal à accomplir son travail? C’est qui cette fille qui dépend d’opioïde pour pouvoir fonctionner et diminuer ses douleurs?

Si vous me croisez, j’irai marcher avec vous. Je vais même aussi rire et sourire. J’aurai aussi la blague facile et je raconterai avec légèreté mon hospitalisation et ma prise de morphine. Je vais aussi aller travailler et donner tout ce que je peux donner dans ma situation aux enfants que je rencontre. Quand j’anime, je ne prends pas de médicaments car je ne peux pas être somnolente devant un groupe de jeunes. Je ne veux pas être sous l’effet d’opiacés pendant que je suis avec eux car je crois que ce n’est pas éthique.

Même si j’ai envie de creuser mon ventre avec mes ongles pour arracher ma peau et arrêter d’avoir mal, ma vie continue. Je ne suis pas juste ma douleur. Je me sens bien quand je médite ou que je fais de la relaxation. J’arrive généralement à dormir malgré les douleurs… L’objet de mon billet je ne peux pas vraiment vous le dire. Je ne voulais pas me plaindre. Je ne voulais pas non plus dire que je suis si forte et résiliente et que tout va se régler en temps et lieu. Est-ce que vouloir me sentir bien dans ma peau est un assez grand motif pour consacrer un billet à mon inconfort?

Je crois que ce que je veux dire c’est que je vais bien. Il ne faudrait pas que vous vous inquiétiez pour moi. Je suis contente d’où je suis dans ma vie et des projets que j’ai. J’ai plus que jamais envie de prendre soin de moi. Je veux me dire oui, tout le temps, me mettre en premier et continuer de m’épanouir.  J’aimerais juste pouvoir titrer mon prochain billet ainsi: Je me sens bien.

Tout ce que je veux c’est me sentir bien.